DNSEP ENSAPC - 2014 L’accrochage réalisé à l’ENSAPC le 2 juin 2014 a pour moi été l’occasion de répéter les termes de mon engagement d’artiste. De redire mon souci  d’investir des horizons disciplinaires extérieurs aux pratiques artistiques traditionnelles, d’agréger à des problématiques esthétiques des interrogations  qui de prime abord peuvent paraître étrangères aux réflexions portées par l’histoire de l’art ; actualiser les traditions esthétiques, à l’épreuve des savoirs scientifiques aujourd’hui ubiquitaires dans les épistémès contemporaines. Nourrir une réflexion ontologique pour construire des œuvres pensées comme autant de manifestes. Articuler les crises contemporaines à une stratégie d’investigation philosophique m’autorisant à déborder les limites habituelles  octroyées au champ de l’art. L’avènement du numérique permet l’accession des êtres humains à une somme de connaissances qui leur était autrefois tout à fait interdite. Partout où  cette transition s’opère, nous assistons à la production de savoirs inédits, autorisés par les modalités nouvelles de transdisciplinarité offerte par le  réseautage des individus. Des intellectuels mais aussi de nombreuses associations, cherchent à contenir certains des effets toxiques du capitalisme  cognitif introduit par Internet (monétisation du langage, des relations interpersonnelles des utilisateurs) dans l’espoir que puisse naître une société plus  transparente, empathique, engagée et civique. La pensée humaniste, éclipsée temporairement par les philosophes postmodernes, connaît un  renouveau : la profusion de l’information sur Internet autorise, bon an mal an, un retour du logos ; les potentialités techniques inégalées en matière de  partage n’y sont pas étrangères. Pour mon diplôme j’ai cherché à brosser cette mutation, notamment en m’intéressant aux changements profonds qu’elles avaient opérés dans notre  rapport à l’environnement. Mon accrochage comportait d’abord deux films de vingt minutes chacun, décrivant un voyage que j’avais effectué en  Antarctique dans le courant de l’hiver 2012-2013. Une installation conçue par ordinateur, dont la structure était librement inspirée de celle du diorama  (stratégie de monstration immersive, typique des expositions universelles au XIXe siècle, et dont les techniques de réalité virtuelle contemporaines sont  comme un écho lointain) convoquait de multiples références à l’imaginaire utopique, au vernaculaire et au modernisme, comme une invitation à identifier  quels furent les marqueurs de progrès sociétaux apportés par la modernité, et à penser positivement à leur développement futur éventuel. Il est possible de déduire des objets présentés, un intérêt personnel pour l’aménagement du territoire, l’écoconception ou encore l’architecture morphogénétique. Tous ces éléments étaient disposés dans l’espace d’exposition selon une organisation se référant à l’art de la mémoire, une heuristique antique consistant à  la scansion d’allégories au sein d’espaces mentaux, conditionnant la réactivation des souvenirs. J’ai été félicité par le jury pour mon accrochage, ma défense de l’actualisation de l’idéal ancien de la figure de l’honnête homme. Le jury était composé  de Chiara Parisi, Mara Hoberman, Laurent Le Deunff, Pierre Ardouvin et Alain Séchas, qui le dirigeait. Première étape du DNSEP : vidéo-projection de La Dernière péninsule