Pour accéder aux pièces, cliquez sur l’une d’elle. En 2012, la réalisation des pièces que j'ai conçues a été motivée par ma curiosité pour les structures fractales, les systèmes autogénératifs, et, de manière plus générale, les  matrices (dans les acceptations conceptuelles contigües délivrées par les différents champs disciplinaires au sein desquels est utilisé ce terme). Les fractales constituent un cas  particulier des systèmes autogénératifs : elles sont itératives ; leur structure est autosimilaire sur une échelle infinie (les objets fractals dans la nature et qui m'ont intéressé cette  année le sont eux quant à eux sur une échelle étendue mais finie). Les fractales ont été étudiées parce qu'elles constituent des outils mathématiques efficaces pour décrire une  grande quantité de phénomènes naturels : en météorologie, pour expliquer la formation des nuages et la répartition des courants atmosphériques, en biologie moléculaire, pour  expliquer comment la traduction de l'ADN permet la formation de structures itératives complexes à l'intérieur du corps comme les alvéoles pulmonaires, ou la formation des  synapses à l'intérieur du cerveau ; en astrophysique, pour décrire la formation des galaxies spirales. L'étude des propriétés émergentes de ces systèmes est passée par la  production de matrices permettant de classifier leur caractères et de simuler leurs interactions (de comprendre comment des éléments simples, pris séparément, peuvent produire  des systèmes complexes, par associations). Cette démarche a donné naissance à la théorie du chaos. Elle a eu des retombées dans divers secteurs scientifiques et qui ne sont pas circonscrits au sciences dures, notamment en sociologie (avec la théorie des réseaux). Ces  innovations scientifiques ont nourri la spéculation philosophique en particulier chez les poststructuralistes (dont le discours est déjà nourri de métaphores se référant au concept de champ de force utilisé dans l'astrophysique d'Einstein, et dont s'est inspiré Simondon pour ses propres déductions et analyses en matière d'épistémologie). Elle a également  stimulé des débats philosophiques plus récents. De manière générale, elle a permis d'enrichir le concept d'identité personnelle en le fondant sur les interactions psychosociales :  sur la constitution gnoséologique de l'individu au travers des transactions inter-langagières qu'ils effectue avec autrui. C'est la lecture des poststructuralistes, et, dans l'histoire plus récente de la philosophie, de Stiegler, de Fukuyama et de Rifkin qui m'a poussé à m'intéresser aux formalisations mathématiques dont ils se sont inspirés et à leurs retombées  phénoménologiques et ontologiques.